Aujourd'hui, Sébastien nous raconte sa course au marathon de Paris qui a eu lieu dimanche 10 avril dernier.
Ce matin, Sébastien me rejoint à mon bureau pour l'interview, large sourire aux lèvres, avec la démarche d’un lendemain de marathon. Grand gaillard aux épaules larges ayant le profil du rugbyman, normal il a pratiqué ce sport pendant plusieurs années avant de goûter aux plaisirs de la course à pied.
KLJ CLUB : Bonjour Sébastien, peux-tu te présenter en quelques mots ?
J'ai bientôt 36 ans et je suis responsable " Approvisionnement et Vente " chez Kalenji.
Sébastien : Depuis quand cours-tu ? Qu’est-ce qui t’a motivé à courir ? J'ai réellement commencé à courir à l'âge de 12 ans lorsque j'ai signé ma première licence de Rugby. L'entrainement physique qui est pour certains rébarbatif, était pour moi un réel plaisir car je savais que ça allait me permettre de prendre ensuite du plaisir sur le terrain et d'être performant.
Lorsque j'ai arrêté le rugby il y a bientôt 6 ans, c'est la course à pied qui est devenue ma première pratique sportive.
Le fait de courir avec mes amis et collègues me permet aujourd'hui de conserver l'esprit collectif que j'affectionne tant dans le sport.
Avais-tu déjà participé à des courses avant le marathon de Paris 2011 ? Si oui, quelles sont tes meilleures performances en course à pied ?
Oui j'avais déjà fait 1 marathon il y a quelques années (La Rochelle en 2005) et devais d'ailleurs courir Paris en 2006 mais je me suis blessé juste avant.
La plupart des courses que j'ai faites sont entre 10 et 25 km et j'aime aussi beaucoup la course nature ou j'envisage de faire du long (mais pas encore de l'ultra). Mes quelques performances référentes restent modestes mais les quelques minutes que j'arrive à gagner me motivent aussi pour me lancer de nouveaux défis:
10km => 41 min
Semi => 1h33
Marathon => 3h34
Tu as participé au marathon de Paris le 10 avril dernier, racontes-nous ta course ?Ca a commencé par une grosse émotion au départ et surtout au passage de la ligne, où l'entrainement allait enfin pouvoir s'exprimer.
Le premier semi s'est bien passé, j'étais sur mon timing et le fait de courir dans Paris avec un magnifique soleil était un réel plaisir.
Au premier abord, l'enchainement des bosses des bords de Seine ne m'a pas paru difficile, sauf le passage dans le long tunnel qui m'a procuré une mauvaise sensation. Mais j'avais encore le sourire au passage de la Tour Eiffel.
Puis le mur est arrivé, plus tôt que je ne l'attendais. A 30 km alors que j'étais sur mon temps (je fixais 3h25), mes jambes sont devenues de plus en plus lourdes ralentissant ma cadence et m'empêchant une quelconque accélération. Les crampes me menaçaient dès que j'essayais une tentative de relance.
Alors j'ai vu le premier lièvre (meneur d’allure) des 3h30 me doubler à l'entrée du bois de Boulogne. Le deuxième à suivi quelques minutes après. J'ai essayé de m'accrocher mais impossible, je n'avais plus les jambes. J'ai donc pris conscience que c'était définitivement cuit pour être sur mon objectif.
Après un dernier ravitaillement au 35km qui a faillit avoir raison de mes mollets (début de crampes), j'ai serré les dents pour finir la course, ça devenait mon ultime objectif.
Les derniers kilomètres sont durs mais le parcours en faux plat descendant limite la difficulté jusqu'à l'entrée du dernier kilomètre où j'ai pu savourer les encouragements de la foule qui m'ont porté jusqu'à l'arrivée et passer la ligne après 3h34'49" !
Bravo pour ta performance malgré les difficultés rencontrées. Pourquoi souhaitais-tu participer à cette course ? Comme pour chaque course, un défi collectif. Pour ce Marathon, il a suffit que mon collègue Claudio (aussi responsable Approvisionnement Vente, qui a couru son premier marathon marathon en 3h59'! ) me disent: "on le fait ?" pour que sans hésiter je lui dise "ok" !:))
Quel était ton programme d’entraînement ? J'ai couru au minimum 3 fois par semaine, avec des semaines pouvant aller jusqu'à 5 (mais elles ont été rares). On a enchainé les sorties fractionnées et les sorties de récupération. J'ai aussi fait 2 sorties longues (dont le semi de Paris) mais j'aurai certainement dû en faire d'avantage pour mieux gérer la distance.
As-tu trouvé la course difficile ? Plus le temps passe, plus les douleurs disparaissent et le souvenir de la difficulté de la course aussi. Donc oui il y a des moments durs sur la course, notamment quand les jambes décident de ralentir et que le psychologique doit prendre le relai. Mais rien d'insurmontable.
As-tu souffert de la chaleur ? Oui un peu mais heureusement j'avais choisi le bon équipement pour limiter les effets.
Je suis passé aux points de ravitaillement pour récupérer de l'eau. Pour le reste, j'avais tout sur moi dans ma ceinture Marathon Kalenji.
Comment as-tu géré la récupération après une telle course ?Un tartare/frite et une bière sur les champs élysées puis une bonne semaine sans courir mais ça me manque déjà.
Une bonne séance de stretching a fait aussi du bien et j'ai beaucoup bu, notamment de l'eau chargée de sels minéreaux type St Yorre.
Visiblement ça marche car 4 jours après la course, je n'ai plus de courbatures.
Quel était ton équipement pour cette course ? Une paire de Kiprun 1000 aux pieds et une panoplie Athletic perf (Débardeur et Sprinter), donc 100% en Kalenji. J'avais aussi une casquette pour me protéger du soleil et une ceinture marathon pour être autonome au ravitaillement.
Quel est ton prochain défi ? Certainement un semi-marathon fin Juin mais rien d'autre pour le moment. J'aurai certainement un nouveau défi sur le dernier trimestre de l'année.
Un conseil pour nos lecteurs, en particulier pour ceux qui souhaitent courir un marathon ?Ne pas partir trop vite, boire et manger régulièrement sont les clefs pour atteindre la ligne d'arrivée.
Merci Sébastien pour avoir répondu à cet interview pour le partager avec les membres du Kalenji Club.
Bonne préparation pour ta course fin juin !