Courir un marathon est toujours une fête, mais courir LE Marathon de
New York est forcément un moment magique pour les runners qui ont la
chance d’y participer.
En sTout a commencé pour moi début 2010
Début juin je commence donc un premier plan d’entraînement .
Le vendredi matin est consacré au marathon expo pour aller chercher
le dossard et le t-shirt collector du marathon 2011.
Le samedi matin, un petit entraînement est prévu à Central Park .
Arrive enfin le grand jour : lever à 4 heures du matin après une
bonne nuit de sommeil
Départ en bus pour la zone de départ du marathon que je rejoins dès 7h40 du matin, pour un départ prévu à 9h40 soit 2 heures d’attente.
Heureusement, je me suis habillé chaudement et des bénévoles ont
distribué gratuitement de magnifiques bonnets multicolores en laine.
L’organisation du Marathon de New York c’est vraiment du top niveau !
Dans le sas c’est la séquence strip-tease, pour ne garder que le
minimum sur soi (le short et le t-shirt sont obligatoires !), et offrir
aux nécessiteux de New York les vêtements chauds dont nous n’aurons plus
besoin.
Après quelques centaines de mètres de marche, on se retrouve sur le
haut du pont Verrazano pour écouter l’hymne américain et la chanson "New
York New York". Et boum, un énorme coup de canon lance la course !
En moins de deux minutes je me retrouve sur la ligne de départ et
commence doucement mon ascension du Pont sur un mile, ce qui me servira
d’échauffement et me permettra d’admirer le bateau qui jette de l’eau,
les hélicoptères et la foule colorée de runners (plus de 47 000 tout de
même), enthousiaste, pleine d’énergie et déterminée à atteindre le
Graal : la ligne d’arrivée et la médaille dorée qui va avec.
J’ai décidé de gérer ma course sur la vitesse au mile et de viser un
rythme correspondant à 3h00 soit 6’52’’ au kilomètre. Tout se passe
bien, même si je passe avec un retard au 5ème kilomètre, qui va se réduire jusqu’au semi que je passerai en 1h30min30sec. Le semi est marqué par la traversée du Pulaski Bridge.
Le rythme est bon et j’ai pu profiter de l’animation permanente qui
règne des deux côtés de la route. On se croirait aux Jeux Olympiques, et
les "Go freerunner!" et les « Allez la France !» vont m’accompagner
pendant tout le marathon. Après l’ambiance joyeuse et musicale de
Brooklyn, nous traversons le quartier juif où règne toujours un silence
impressionnant… Ils ne nous regardent pas, ne nous encouragent pas, et
certains essayent même de traverser la route (ce qui s’avère extrêmement
dangereux). J’en évite un de très peu qui portait un enfant dans ses
bras…
Au 16ème mile (25ème kilomètre) nous atteignons un des passages les
plus difficiles du marathon, le célèbre Queensboro Bridge. Sur le pont
vous souffrez en silence, car les spectateurs ne peuvent pas y
stationner, mais lorsque vous débouchez sur la Première Avenue dans
Manhattan, vous entendez une explosion vocale et musicale digne d’une
ligne d’arrivée. Un grand moment où il faut cependant rester concentrer
car l’euphorie communicative du public peut vous amener à accélérer et
griller des calories qui vous seront bien utiles ensuite…
La remontée de la Première Avenue est un très long faux plat montant
qui s’avère redoutable pour beaucoup de coureurs. Heureusement, j’ai
demandé à mon épouse de se placer à peu près à la moitié de cette avenue
ce qui me permet mentalement de la découper en deux (la Première
Avenue, pas ma femme !).
Cette stratégie est payante, et boosté par les encouragements de mon
épouse, j’atteins les 30 kilomètres dans un état de fraîcheur jamais
connu à ce jour. Je ralentis un peu certes mais je tiens les 4min30sec
au kilomètre sans trop de mal. Il est vrai que je me suis bien hydraté à
chaque mile et j’ai enfin trouvé pour ce marathon un gel liquide que je
supporte après deux ans de recherche et de tests tout de même.
On traverse le Queens puis Harlem, qui marque pour moi la dernière
partie du marathon ; nous sommes au 35ème kilomètre. Les jambes sont
toujours là et je décide de lâcher les chevaux en espérant tenir
jusqu’au bout. Porté par l’ambiance d’un public en délire, et par un
second point de rencontre avec mon épouse, je dépasse de nombreux
coureurs qui ont fortement ralenti leur rythme, certains étant même en
train de marcher.
Mes jambes évidemment sont douloureuses, mais en entrant dans Central
Park aux environs du 40ème kilomètre, je refuse de m’écouter et décide
de finir à fond ces deux derniers kilomètres. Quelle sensation
extraordinaire ! Les jambes sont là et acceptent malgré le déficit
d’oxygène d’accélérer une dernière fois, malgré une arrivée en légère
montée… Je me dis à ce moment-là : tu respireras et tu te reposeras plus
tard !
Temps à l’arrivée : 3 heures 3 minutes et 25 secondes ! Beaucoup
mieux qu’espéré sur ce marathon difficile, mais surtout quel bonheur de
finir un tel marathon dans une extase jamais ressentie auparavant.
Je repars à l’hôtel à pied, drapé dans ma couverture de survie avec
ma médaille autour du cou. Chaque passant que je croise me félicite.
Finir un marathon est en effet considéré comme un véritable exploit par
les américains.
Le lendemain, il est recommandé de porter sa médaille toute la
journée, ce qui vous donne encore le droit à de nombreux sourires et
félicitations !
a+