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28/10/2011
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Bonjour amis coureurs!
Quel plaisir et quel soulagement d'être enfin marathonien!
Je peux maintenant dire que j'ai réussi à traverser cette épreuve "mythique"! A tel point que même préparé, les récits des uns et des autres nous amènent à penser qu'une épée de Damoclès et prête à s'abattre sur nous à n'importe quel moment. (Ou plutôt kilomètre)
La lecture de vos récits m'a donné envie de partager mon aventure. J’ai 29 ans je cours depuis une dizaine d’années (plutôt des courses de 5000m et 10KM sur route).
Cette année, avec un ami je me suis dit qu’il était temps d’essayer au moins une fois de faire un marathon et de pouvoir enfin faire sa petite expérience.
Me voilà parti à projeter avec un ami le marathon d’Amsterdam qui a l’avantage d’être rapide, pas loin et bien placé après les classiques du nord pas de calais (semi de Lille /semi de marcq /foulée lambersartoise ……)
Ayant une formation STAPS, je propose à mon collègue de superviser l’entrainement.
Au moment de planifier la préparation, une question que beaucoup de marathonien ont du se poser m’a dérangé : Volume ou Qualité ?
Stratégie d’entrainement :
Je suis convaincu en mon fort intérieur que pour faire un chrono la qualité prime .Je choisis donc de bâtir l’entrainement autour de :
3séances hebdo impératives de qualité
-1 séance piste de VMA
-1 séance de fractionné en nature allure 10KM
-1 sortie longue incluant des blocs allure marathon à partir de la mi course
Le reste sera fait allure lente (10KMH) avec augmentation du volume par cycle de 3 semaines avec une semaine allégée qui conservera les séances de qualité.
1jour de repos total dans la semaine (samedi), quitte à doubler parfois pour faire du volume en fin de préparation.
Objectif pour moi 2H45 qualif au France
Pour mon ami Stéphane 3H10 et se rapprocher des 3H.
Déroulement de la préparation
Nous avons commencé à nous préparer fin Aout, pour un marathon prévu le 16 octobre.
2mois avant on est encore relax et on se dit qu’il va falloir commencer à s’y mettre !
Stéphane est moi avons donc suivi la même préparation, cependant j’ai pu faire beaucoup plus de footings lents en plus dans la semaine.
Nous avons fait nos sorties longues ensemble avec la chance d’avoir nos compagnes en vélo pour nous tendre les bouteilles pendant parfois plus de 2H30 !
La semaine type était :
Lundi matin 1H léger (moi) soir 21H 1H30 léger a deux
Mardi SOIR 21H fartlek type 3X 5MIN allure 10KM a deux
Mercredi soir 21H 1H30 léger à deux
Jeudi matin 1H léger (moi) soir piste type 8X1000M rec 1m30 à deux
Vendredi soir 21H 1H30 léger
Samedi repos complet
Dimanche matin Sortie longue a deux le matin type 30 km dont 2x5Km allure marathon après 15KM
Soir vélo 1H ou footing léger 1H (moi)
Le volume a été augmenté progressivement suivant les sensations et 3 compétitions ont été planifiées
_semi de Lille 3 septembre
_semi de marcq 24 septembre
-10 KM Haubourdin(j-15)
La première compétition arrive après un cycle de 3 semaines de préparation.
Les sensations sont bonnes (cardio)mais l’objectif n’est pas de récupérer pour ce semi mais de s’en servir comme séance.
Nous bouclons donc notre semi avec fatigue en 1H17 pour moi et 1h26 pour Stéphane.
Ce qui est rassurant c’est que même en fatigue les temps sont cohérents par rapport à nos prévisions marathon, mais ils ne nous laissent pas beaucoup de marge.
Je décide donc d’intercaler un peu de récup avant le semi suivant (2jours de repos consécutifs)
Et la les sensations sont déjà mieux 1H15 pour moi et 1H24 pour Stéphane.
De plus l’entrainement et ce deuxième semi se récupère de plus en plus vite par rapport au premier (cycle, j’ai l’impression que mon corps vient de s’acclimater au volume. Comme s’il fallait passer par une phase de surcharge importante pour déclencher une hyper activité interne de l’organisme pour récupérer.
Pas de douleurs, tout va bien pour l’instant, il ne reste plus qu’un 10KM, une grosse semaine d’entrainement pour créer de la fatigue avant d’entamer enfin la semaine de récup qui mène au MARATHON.
J’ai vraiment eu peur que l’on soit dans les choux sur 10KM car on entend souvent que la préparation marathon fait perdre en vitesse.
Alors est ce que l’orientation qualitative a au moins servi à ça ?
Je fais 33’35 et Steph 37’30.
C’est correct je suis vraiment rassuré, certes ce n’est pas mon record mais c’est suffisant à 15j du marathon pour faire 2H45 si le volume a été fait. Il en est de même pour Stéphane qui est à 2secondes de son record.
La course
Ma sérénité apparue 15J avant a fondu comme neige au soleil la dernière semaine .
Déjà parce qu’avec la baisse des apports en sucres et sucre lents les « premiers jours de la semaine(RDS),je n’attendais plus qu’une chose c’est jeudi pour pouvoir manger des pates et du pain(j’en ai rêvé mercredi soir)et du coup fatalement le footing de récup de la dernière semaine se fait à avec des sensations proches de l’hypoglycémie ! Mais bon on va pas craquer pendant la semaine de récup ! La fin de semaine et le début de la phase hyper glucidique fait du bien.
Nous voila donc parti à Amsterdam
J ai repris des couleurs depuis jeudi et mes sensations au footing le vendredi me rassurent, je me sens de nouveau plus aérien sur les appuis, par contre je commence à avoir peur de ce fameux mur dont tout le monde parle.
La course part sous un froid de canard (1 degrés) à 9H30 au stade Olympique, après un petit dej à 6H composé d’un gâteau sport .Je prends 3gels endurance & 1 coup de fouet le reste ce sera sur la table (eau, bout de banane)
Je sais que j’aurai naturellement tendance à partir trop vite (mon objectif marathon correspond a du 38M au 10KM, je me freine au départ et c’est vraiment difficile !
Je pars dans le sas élite avec bracelet blanc et à peine le départ est donné qu’une nuée de bracelets jaune me dépasse.
Je ne sais pas où j’en suis, je suis déstabilisé j’ai l’impression de ne pas avancer, pourtant je suis bien sur 2H45 pile, je passe en 19’20 au 5000M, mes sensations sont moyennes et en plus c’est un poil lent.
Au 10km ça va mieux, je suis en 38’05 je suis revenu tranquillement sur 2H42 sans brusquer la machine juste car je suis mieux échauffé que sur mon premier 5KM (je retiens qu’il faut que je m’échauffe plus avant le départ)
Je me calle avant d’attaquer l’amstel avec un groupe de 3 coureurs que je viens de reprendre au prix d’une légère accélération.
Ca faisait 2KM qu’ils étaient à la même allure 50 M devant, cela veut dire qu’ils sont réguliers et il me faut être à l’abri pour les 15 KM au vent le long de l’amstel.
Je passe au semi bien callé derrière ces deux coureurs qui avaient l’air expérimentés et ne me laissaient même pas prendre de relais. Je les ai donc suivis jusqu’au 30 eme.
Au 30 eme je suis toujours la sur les bases de de 2H40, je suis frais et je peux accélérer si je le souhaite mais j’attends car avoir deux lièvres il faut en profiter jusqu’au bout !
Je commence à sentir une petite douleur et des gargouillements dans mes intestins et cela commence à se transformer en douleurs, moi qui était en train de me réjouir de mon état de fraicheur au 30ème kilomètre.
Bon on verra de toutes façon il reste plus que 12 bornes ! me suis-je dit pensant qu’il suffirait de serrer les fesses dans les derniers kilos.
D’un coup le coureur qui nous menait tambour battant en moins de 2H40 explose complètement et disparait, nous ne sommes plus que deux, je sens que le rythme est coupé et je décide d’accélérer au 32ème, musculairement les chocs et la fatigue musculaire commence à se faire sentir, mais le cardio et la fréquence sont là . Je fais des petits pas pour limiter les chocs mais j’essaie d’être fréquent, droit et de tirer sur les bras.
Je commence alors à me rendre compte que rien ne peut jamais fonctionner correctement de A à Z et que j’ai quelque chose dans les intestins qui ne veut pas franchir la ligne d’arrivée.
Je suis a 7KM de l’arrivée j’ai 5min d’avance sur la qualif France de 2H45, je ne peux pas m’arrêter je suis venu pour ça.
Au vu de mes jambes qui se durcissent rapidement suite à mon accélération je commence également à être en souffrance générale, je perds en lucidité et je me dis que je ferais comme à l’entrainement, j’irai au bout a fond et si je dois faire une commission il me sera bien plus pénible et préjudiciable de couper l’effort et de se séparer du néerlandais qui s’accrochait avec moi depuis que nous ne sommes plus que deux.
Il aurait mieux valu pour lui qu’il prenne le relais au 37ème, mais non il préfère rester derrière tant pis, j’en peux plus et je m’en fous de ce que les gens pensent ! Je veux juste arriver en gardant l’allure !
Je vous épargne les détails et le fond culotte du short qu’il faut drainer à la main.
C’est simple toute les photos du marathon prise par les photographes sont dans les derniers kilometres. Aucune est exploitable, on dirait un cross !
Bref une fois cela passé, je me sens mieux intestinalement mais là c’est le corps qui souffre, je tire sur les bras mais mes pieds ne décollent plus du sol .
Je passe au 40 eme en 2H30’50. Je me dit 2KM 200 en 9 MIN c’est faisable c’est juste du 15 a l’heure pour faire moins de 2H40.
Je souffre désormais partout mais je sens que l’on se rapproche du stade, il y a du monde j’entends les voix des commentateurs et je sais que mathématiquement je ne peux plus trop perdre de temps du moment que je ne m’arrête pas.
Et je finis comme je peux, plus je me rapproche du monde et plus je vois les gens me regarder avec dégout voir en rigolant. La délivrance arrive enfin après un (semi sprint de marathonien rincé) pour finir en 2H39m 43s.
Je ne suis tellement rincé que je ne sais même plus pendant 1minute si je dois être content de moi ou pas. Si bien sur car je me suis qualifié mais sur le coup je ne me vois pas faire mon deuxième marathon finalement. (En tous cas pas toute suite)
Je sens mauvais à 20 mètres, je suis exténué j’ai froid et je dois rentrer en métro .Je pensais dévaliser le burger King en repartant et boire des bières avec les copains et j’ai ni faim, à peine soif et surtout pas envie d’alcool.
Apres une petite sieste l’après-midi, les jambes vont déjà mieux même si les courbatures apparaitront le lendemain, l’appétit reviens et je commence à réaliser que ça y est j’ai bouclé mon premier marathon ! Enfin je suis content de moi, ce que nous avons projeté nous l’avons fait, non sans douleurs mais c’est ce qui rend cette épreuve si particulière.
J’espère que Stéphane, nous racontera sa course et nous donnera son temps.
A bon entendeur !
Bon run a tous
Arnaud D
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